
J’ai maintenant mon PPL, ce qui signifie trois choses : je peux voler (plus ou moins) quand et où bon me semble, je peux continuer d’avancer dans ma formation, et je peux postuler pour le Tour aérien des jeunes pilotes (TAJP).
Voler quand et où bon me semble, moyennant finances et dispo avion. J’ai de la chance, dans mon aéroclub à Coulommiers, les avions volent très peu, je peux donc me lever le matin, voir le soleil briller en ouvrant mes volets, et être dans l’avion une heure après, direction Reims Prunay pour manger un pizza au restaurant de l’aérodrome. Car dans l’aérien, qui plus est au début, les heures de vol sont le nerf de la guerre. Au moins 45 sont nécessaires pour passer l’examen du PPL, 200 pour celui du pilote professionnel (CPL).
170 ou 175 dans mon cas pour rentrer en formation vol aux instruments (par lequel j’ai commencé, me permettant d’utiliser ces heures de formation pour atteindre 200).
Il faut donc voler, et c’est toujours plus sympa en se trouvant des buts. Un café à Auxerre, visiter un copain à Compiègne, survoler le circuit des 24h en allant au Mans, longer la côte pour voir le Mont Saint Michel en route vers Dinand… Et puis quand l’inspiration manque, regarder les aérodromes les plus loins accessibles sans avitailler, et qui disposent d’une pompe Total (mon aéroclub en a une carte, j’évite ainsi de devoir avancer le plein de 100LL à 2,5 euros le litres.)

Avancer dans ma formation aussi, en regardant où m’inscrire pour l’ATPL théorique, passer le FLC055 permettant de parler anglais à la radio et donc de voler à l’étranger, et me prendre à rêver de vols aux instruments sur bimoteur. Je peux aussi cumuler l’augmentation de mes heures de vol avec une développement de mes compétences. Ainsi je vais à l’Aéroclub d’Esbly, sur le terrain éponyme pour passer ma variante TW sur un magnifique Jodel, c’est à dire apprendre à piloter un avion à train classique, dont la troisième roue est à l’arrière, par opposition aux trains tricycles où elle est à l’avant.
Je vais à l’Aéroclub de Champagne, à Reims, pour passer les variantes VP et RU, soit hélice à pas variable et train rentrant, sur un avion que j’adore, le PA28 Turbo Arrow IV et son empennage en T (j’obtiens en prime les variantes EFIS et turbo, heureuses conséquences de l’équipement et la motorisation de cet avion).

Je parle à mon instructeur Jean-Pierre de mon projet de TAJP. Il me soutient à fond et m’aide dans les démarches d’inscription, et pour appuyer auprès du président ma demande, si je suis sélectionné, je prendrai un avion pour plus de deux semaines en plein mois de juillet.
Les sélections se déroulent en deux étapes. Une présélection, qui consiste en une navigation dessinée par l’instructeur, que je dois effectuer avec traceur à bord, le tracé original et ma trace GPS enregistrée par le traceur sont ensuite comparée et une note est attribuée; ainsi que sur la tenue du log de navigation, de la précision de sa tenue autant sur le respect horaires que la précision de la consommation de carburant, vérifiée par l’instructeur en faisant le plein.
Je suis présélectionné et donc invité au week-end de sélection à Châtenay Malabry. Au programme : tracé de navigation et rédaction de log de nav sur instructions données, test des connaissances théoriques, préparation d’une présentation de groupe sur un sujet imposé et entretien avec les encadrants de la FFA. Mais aussi et surtout, la rencontre de mes semblables. Nous avons tous entre 18 et 25 ans, sommes passionnés par tout ce qui vole, et forcément la mayonnaise prend.

Les heureux élus, dont je fais partie, auront la chance de rejoindre la caravane du TAJP en cet été 2022.
Cet événement, organisé par la FFA tous les deux ans, rassemble 45 furieux pendant deux semaines, pour sillonner la France dans ce qu’on pourrait comparer à une université d’été.
Nous naviguons, organisons des journées grand public où nous échangeons sur l’aviation avec des passionnés ou de simples curieux. Nous nous initions aux sports aériens (Rallye et Air navigation race), au vol en montagne, avons la chance de voler à bord d’un NH90 de l’ALAT à l’occasion de notre séjour sur la base d’Etain, de visiter l’usine Daher à Tarbes, et bien plus encore.
Les vols sont supers, on se régale, mais ce sont les gens qui me marquent le plus. Que ce soit les encadrants (combinaison jaune et marron), les pilotes évidemment (les combi bleues), les passionnés bénévoles des aéroclubs, les contrôleurs, les militaires, ceux qui nous présenté leur travail, et j’en passe. Il faut imaginer une colonie de vacances entre copains animés d’une passion commune (pour ne pas dire fanatisme commun); près de quatre ans se sont écoulés et j’ai encore en tête tous les fous rires qui furent nôtres, et je reste en contact avec une bonne partie des “touristes”.

C’est une expérience que je recommande à qui a l’opportunité d’y participer, et pour laquelle je suis extrêmement reconnaissant envers la FFA, les aéroclubs, les sponsors et tous ceux qui ont rendu cette extraordinaire aventure humaine possible.
Enfin, vient le moment de mettre le nez dans les bouquins et de passer l’ATPL théorique. Ces 14 examens qui donnent le droit de passer les licences de pilote professionnel et de vols aux instruments, et donc d’être payé pour piloter dans le mauvais temps.
Des anciens d’Aigle Azur ont repris l’école Airways qui était en faillite, l’ont renommée Paris Flight Training, et c’est vers eux que je me dirige pour l’ATPL.
Tout n’est pas évident pour l’inscription dans ces conditions de reprise et de validation des programmes de formation par l’autorité, mais finalement j’ai mon programme en août et peux donc commencer à travailler en vue de la première session de cours en présentiel début septembre (de mémoire, au moins deux semaines doivent se faire en classe même quand la formation est suivie à distance comme dans mon cas).

Je passe les 5 premiers modules mi octobre, et sous l’euphorie de la réussite, m’inscris pour les 5 suivants mi novembre. Je réalise que j’ai peut être été ambitieux, en suis quitte pour une petite frayeur, mais tout se passe finalement bien.
Cette période, si elle a été très studieuse, ne me laissera pas un mauvais souvenir. C’est une étape tellement importante et, qui rapproche du but, et c’est en réalité plutôt rapide si on met les bouchées doubles. Pour ma part, j’ai fini en février, soit plus ou moins six mois.
J’ai eu la chance d’avoir deux supers instructeurs pour les trois sessions de présentiel (trois à cinq jours à chaque fois); dédicace à Hakim et Lionel, que nous nous partagions avec mon binôme, un élève par instructeur, conditions royales pour apprendre donc.
Tout ne s’est pas passé comme prévu ensuite pour PFT (nous y reviendrons), mais j’ai pu y faire l’ATPL et ma qualifications vol de nuit dans de bonnes conditions.
La théorie en poche, ne me reste qu’à m’assurer d’avoir les heures nécessaires pour la attaquer la partie fun, le CPL, IR, ME, et passer de pioupiou à poussin.
